La première question qu’on me pose, c’est presque toujours « combien ça coûte ? ». C’est une bonne question, mais elle arrive trop tôt. Tant qu’on ne sait pas ce que la personne en face doit pouvoir faire, un prix ne veut rien dire — c’est comme demander le prix d’un véhicule sans dire si on transporte des gens ou des palettes.
Voici comment je pose le problème avec mes clients, en quatre situations. Vous devriez vous reconnaître dans l’une d’elles en cinq minutes.
1. Le site vitrine : être trouvé, et inspirer confiance
C’est le cas le plus courant, et de loin. Votre client potentiel vous cherche sur Google, tombe sur votre site, comprend en dix secondes ce que vous faites, voit que vous êtes sérieux, et vous appelle ou vous écrit. Le site ne « fait » rien d’autre : il informe et il met en relation.
Le site vitrine suffit si : votre prestation se discute avant de se vendre (artisan, thérapeute, consultant, entreprise de services), votre catalogue ne change pas toutes les semaines, et une prise de contact est une issue satisfaisante.
Le signe qu’il ne suffit plus : vous passez du temps à répondre par téléphone ou par e-mail à des questions dont la réponse est toujours la même, ou à faire manuellement une chose que le visiteur pourrait faire lui-même.
Un exemple utile : la Société de Musique de Villarimboud voulait un agenda de concerts à jour. Plutôt que de me faire appeler à chaque changement de date, le comité modifie l’agenda lui-même. Le site reste une vitrine — mais une vitrine qui ne dépend de personne.
2. La réservation en ligne : quand votre agenda est le goulot d’étranglement
Si votre métier se vend au rendez-vous — coiffure, massage, ostéopathie, coaching, consultation — le vrai coût caché n’est pas votre site. C’est le temps passé à caler des créneaux : le client appelle pendant que vous travaillez, vous rappelez pendant qu’il travaille, et il faut trois allers-retours pour poser une heure.
La réservation en ligne règle exactement ça : le client choisit son créneau quand ça l’arrange, souvent le soir, reçoit sa confirmation, puis son rappel la veille. Vous ne faites rien. Deux effets qu’on sous-estime : les réservations tombent en dehors de vos heures d’ouverture, et le rappel automatique fait chuter les rendez-vous oubliés.
Le calcul à faire : comptez le nombre d’allers-retours téléphoniques par semaine, multipliez par cinq minutes. Si vous dépassez deux heures par mois, le module se rembourse dans l’année.
3. La boutique en ligne : le seuil n’est pas celui qu’on croit
On me dit souvent « je n’ai que douze produits, ça ne vaut pas la peine ». Le nombre de produits n’est pas le bon critère. Le bon critère, c’est la répétition de la commande.
Si vos clients commandent la même chose plusieurs fois par an, chaque commande prise à la main est du temps perdu : recevoir le message, confirmer la disponibilité, calculer le port, envoyer le paiement, relancer. Douze produits commandés cinquante fois valent largement une boutique. Cinquante produits commandés deux fois par an, beaucoup moins.
En Suisse, deux détails font la différence entre une boutique qui vend et une boutique qui décourage : le paiement TWINT, que beaucoup de clients cherchent avant tout, et des frais de port annoncés clairement plutôt que découverts à la dernière étape.
4. L’application métier : quand le problème n’est plus dehors, mais dedans
Les trois premiers cas concernent votre visiteur. Le quatrième concerne vous. Il arrive quand la phrase suivante devient vraie : « le site va bien, ce sont mes journées qui ne vont pas ».
Les signes sont toujours les mêmes, quel que soit le métier : un fichier Excel qui circule par e-mail en trois versions différentes, la même information saisie trois fois (dans le devis, dans la facture, dans la comptabilité), et du travail administratif le dimanche soir parce qu’il n’y a pas de place ailleurs.
Là, ajouter une page à votre site ne changera rien. Ce qu’il faut, c’est un outil : un endroit où vivent vos devis, vos clients ou vos commandes, qui reprend votre façon de travailler plutôt que d’imposer la sienne. C’est ce que j’ai construit avec Devisio, une application de devis : les articles, les prix et les textes sont enregistrés une fois, et le devis suivant se compose en quelques clics.
Entre les deux, il existe une marche intermédiaire souvent suffisante : automatiser un seul geste plutôt que de construire un outil complet. Un restaurateur qui publie sa carte du jour trois fois par jour sur trois canaux n’a pas besoin d’un logiciel ; il a besoin que cette publication se fasse toute seule.
Le tableau de décision
| Votre situation | Ce qu’il vous faut |
|---|---|
| On ne me trouve pas sur Google, ou mon site fait daté | Site vitrine |
| Je perds du temps à caler des rendez-vous par téléphone | Site vitrine + réservation en ligne |
| Mes clients recommandent souvent les mêmes produits | Site vitrine + boutique en ligne |
| Je republie la même information plusieurs fois par semaine | Automatisation d’un geste |
| Mes données vivent dans des fichiers Excel qui circulent | Application métier sur mesure |
Les trois erreurs que je vois le plus souvent
Commander une boutique « au cas où »
Une boutique en ligne se nourrit : photos, descriptions, stocks, expéditions. Une boutique construite sans intention réelle de vendre en ligne reste vide, et une boutique vide fait plus de mal qu’une simple page de présentation. Mieux vaut commencer par la vitrine et ajouter le module quand la demande est là — c’est prévu pour.
Choisir la solution la moins chère sans compter le temps
Une plateforme à quinze francs par mois est imbattable sur le prix affiché. Elle l’est beaucoup moins quand on ajoute les heures que vous y passerez, ce que vous ne pourrez pas faire, et le jour où il faudra tout refaire ailleurs. Le bon calcul, c’est le coût sur trois ans, temps compris.
Repousser parce que « les textes ne sont pas prêts »
C’est de très loin la première cause de projets qui traînent des mois. Les contenus ne se rédigent jamais « le week-end prochain ». Si c’est votre blocage, faites-les rédiger : vous ne fournissez que les informations, et le projet avance au lieu d’attendre.
Et concrètement, combien ?
Mes tarifs sont publics, ce qui n’est pas si courant dans le métier : un site démarre à 690 CHF, les modules de boutique et de réservation s’ajoutent au pack, et les applications sur mesure se chiffrent au cas par cas parce qu’aucune ne ressemble à la précédente. Vous pouvez composer votre projet option par option et obtenir votre estimation en deux minutes, sans inscription — ou tout simplement m’écrire pour qu’on en parle.
Un dernier conseil, valable dans les quatre cas : commencez par ce qui vous coûte le plus cher aujourd’hui, pas par ce qui serait le plus impressionnant. Un site simple qui règle un vrai problème vaut mieux qu’une usine à gaz qui n’en règle aucun.
